Équipe d'agents en gilets orange réunie sur les voies pour un point sécurité avant intervention en emprise ferroviaire

Notre client exige une formation sécurité ferroviaire : par où commencer ?

Par Henri Rinaldo · Président de Réseau Amynco Publié le 19 août 2026 7 min de lecture Guide pratique · Responsable d'exploitation

La demande arrive presque toujours de la même façon : une ligne dans un cahier des charges, ou un appel du conducteur de travaux du donneur d'ordre. « Vos gars ont bien leur formation sécurité ferroviaire ? » Et là, deux questions se posent en même temps — de quoi parle-t-on exactement, et combien de temps ça prend.

Étape 0

De quoi votre client parle-t-il exactement ?

« Formation sécurité ferroviaire » est une formulation de commande, pas un intitulé réglementaire. Dans l'immense majorité des cas, ce que votre client attend, c'est que vos agents soient formés aux risques ferroviaires pour intervenir dans les emprises — ce que recouvre la formation SECUFER, encadrée par le décret n°2017-694.

Deux niveaux existent, et c'est la première décision à prendre :

NiveauPour quiCe qu'il permet
OpérateurToute personne physiquement présente en emprise : compagnons, conducteurs d'engins, techniciens, mais aussi géomètres, agents de sécurité, personnel de nettoyage.Intervenir en sécurité : reconnaître les risques, respecter les distances, se dégager, réagir à une circulation.
EncadrantLe chef d'équipe ou le conducteur de travaux qui pilote l'intervention sur place.Vérifier et articuler les documents, organiser les phases du chantier, décider ou refuser l'engagement de la zone.

Le réflexe utile avant tout devis : relire la clause du marché ou du plan de prévention. Elle précise souvent le niveau attendu, le nombre de personnes concernées et, parfois, un délai de production des attestations. C'est ce document qui détermine votre commande, pas une estimation.

L'erreur la plus coûteuse Former toute l'équipe au niveau opérateur et personne au niveau encadrant. C'est l'oubli n°1, et il se paye au pire moment : l'équipe est formée, elle se présente, et il n'y a personne pour vérifier les documents et engager la zone. Le chantier ne démarre pas. Vérifiez dès maintenant qui, dans votre organisation, tiendra ce rôle.
La chaîne complète

Les cinq étapes, dans l'ordre

Entre « mon client demande une formation » et « mon équipe pose le pied sur l'emprise », il y a cinq étapes. Aucune ne peut être sautée, et elles ne dépendent pas toutes de vous.

  1. VousRecenser les personnes et fixer les niveaux

    Qui va réellement se rendre sur l'emprise, y compris ponctuellement ? Qui encadrera ? Recensez les entreprises autant que les personnes : intérimaires et sous-traitants sont concernés au même titre que vos salariés, et chaque entreprise présente a besoin de son propre encadrant formé. Ce recensement conditionne le devis et le format de formation.

  2. Vous · Santé au travailVérifier l'aptitude médicale

    C'est l'étape que tout le monde oublie et qui bloque le plus souvent le calendrier, parce qu'elle dépend d'un rendez-vous avec votre service de santé au travail. Lancez-la en parallèle de l'inscription en formation, jamais après.

  3. Organisme de formationSuivre la formation et obtenir l'attestation

    Présentiel, e-learning ou intra sur votre site, selon votre urgence et votre effectif. À l'issue, chaque participant reçoit son attestation de formation, nominative.

  4. Vous, en tant qu'employeurÉtablir l'A.A.E de chaque agent

    L'autorisation d'accès aux emprises est délivrée par l'employeur, au vu de la formation, de l'aptitude médicale et des habilitations requises. Aucun organisme de formation ne peut l'établir à votre place. C'est une confusion très répandue, et elle coûte des journées de chantier.

  5. Donneur d'ordre · VousRécupérer et lire les documents du chantier

    L'ISF du site, l'ARF qui autorisera l'engagement, le plan de prévention, et votre propre PPSPS. C'est votre encadrant formé qui les articule. Le détail figure dans notre article sur les 5 documents obligatoires d'un chantier ferroviaire.

Un démarrage sous trois semaines ?

Dites-nous simplement combien de personnes, quels niveaux et quelle date de démarrage : nous vous répondons avec les créneaux réellement disponibles et un devis chiffré. Si le calendrier inter ne colle pas, une session intra sur votre site se cale en général plus vite.

Planification

Combien de temps ça prend, réellement

La question du délai n'a pas une réponse unique, parce que le format change tout. Trois voies existent, toutes conformes au décret, mais elles ne répondent pas au même besoin ni au même niveau d'exposition.

FormatDuréeQuand le choisirContenu
E-learning4 à 7 h selon le niveau viséUrgence de démarrage, exposition au risque limitée, effectifs dispersés, personnes à former au fil de l'eau. Plateforme accessible en continu, sans attendre une date de session.Formation théorique conforme au décret.
Présentiel inter (dans nos centres, partout en France)7 hUne à quelques personnes à former, sans urgence particulière. Dépend du calendrier des sessions et de nos centres.Formation théorique et études de cas pratiques, conforme au décret.
Intra sur votre site7 hUn groupe entier à former d'un coup, avant un démarrage daté. Souvent la voie la plus rapide, et la moins coûteuse en temps improductif.Formation théorique et études de cas pratiques, conforme au décret.

Le critère de choix n'est donc pas seulement le délai, c'est aussi le niveau d'exposition réelle de vos agents. Une personne dont la présence en emprise reste ponctuelle et encadrée relève d'un parcours théorique, accessible immédiatement. Une équipe qui intervient régulièrement en zone à risques a besoin des études de cas pratiques du présentiel : c'est là que les réflexes se construisent, pas devant un écran.

Reste le point qui décale réellement les démarrages, et ce n'est presque jamais la formation : c'est l'aptitude médicale. Nos dates de session, nous les maîtrisons. Le délai de rendez-vous de votre service de santé au travail, personne ne le maîtrise — ni vous, ni nous.

D'où une consigne simple : appelez votre service de santé au travail le jour où vous nous demandez le devis, sans attendre l'attestation de formation. Les deux démarches avancent alors en parallèle, au lieu de s'additionner.

Le calcul que peu d'entreprises font À partir de six ou sept personnes, l'intra devient généralement plus avantageux que l'inscription individuelle en centre — non pas sur le prix affiché de la formation, mais une fois intégrés les déplacements, les frais annexes et surtout les journées non productives. Si vous hésitez, demandez-nous les deux chiffrages : la comparaison se fait en quelques minutes.
Retour d'expérience

Les quatre erreurs qui font perdre une semaine

  • Croire que l'organisme délivre l'A.A.E. Il délivre une attestation de formation. L'autorisation d'accès, c'est vous, employeur, qui l'établissez. Découvrir cela la veille du démarrage est le scénario classique.
  • Oublier l'aptitude médicale. Une attestation de formation sans aptitude ne permet pas d'établir l'A.A.E. Les deux se lancent en parallèle.
  • Oublier les sous-traitants et les intérimaires. Toute personne physiquement présente en emprise est concernée, quel que soit son contrat — et c'est le titulaire du marché qui en répond. Voir la section consacrée à la chaîne d'intervention ci-dessous.
  • Ne pas anticiper les échéances. Une formation a une durée de validité. Un agent dont la validité expire en cours de chantier devient un agent qu'on ne peut plus envoyer sur l'emprise : d'où l'intérêt de vérifier les dates de toute l'équipe maintenant et de planifier le recyclage avant qu'il ne devienne urgent.

Un cinquième point, moins urgent mais à ne pas laisser de côté : les formations à la sécurité de vos salariés doivent être déclarées au Passeport Prévention. Autant s'organiser dès la première session plutôt que de tout reprendre plus tard.

Chaîne d'intervention

Vos sous-traitants : c'est vous qui en répondez

C'est le point le plus souvent découvert trop tard, et celui qui expose le plus. Le titulaire du marché répond de toute sa chaîne d'intervention. Vous ne pouvez pas considérer que la formation de vos sous-traitants est leur affaire : si l'un d'eux se présente sans compétence ni autorisation, c'est votre chantier qui s'arrête et votre responsabilité qui est engagée devant le donneur d'ordre.

Cette responsabilité porte sur deux volets distincts, et le second est presque toujours oublié.

1. S'assurer que toute la chaîne est formée

Chaque entreprise intervenante — sous-traitant de rang 1, de rang 2, entreprise de travaux temporaires — doit disposer de personnels formés au niveau requis, et chacun de ces employeurs établit lui-même les A.A.E de ses agents. Votre rôle n'est pas de les former à leur place : c'est de vérifier, avant le démarrage, que les attestations existent, qu'elles sont nominatives et qu'elles sont encore valides à la date d'intervention.

En pratique, cette vérification se fait au moment de la contractualisation, pas la veille du chantier. Une clause dans votre contrat de sous-traitance, et la remise des attestations comme condition de démarrage, suffisent à supprimer le risque.

2. S'assurer que toute la chaîne sait lire les documents

Être formé ne suffit pas si personne, chez le sous-traitant, n'est capable de lire le dossier du chantier. Or c'est exactement ce que suppose une intervention en emprise : chaque entreprise présente doit comprendre les documents qui la couvrent.

  • Le plan de prévention, établi avec le donneur d'ordre et transmis par lui, qui organise la coactivité entre entreprises.
  • L'ISF du site, qui traduit les risques ferroviaires propres à l'emprise en consignes applicables.
  • L'ARF, qui autorise l'engagement de la zone à risques — avec ses composantes : le S9 pour la fermeture et la consignation des voies, le S11 pour la consignation de la caténaire.
  • L'AAn, lorsque l'annonce des circulations constitue l'unique protection retenue.
  • Le PPSPS de chaque entreprise, qui décrit ses propres modes opératoires.
  • L'A.A.E de chaque agent présent, délivrée par son employeur.

Ces documents, leur articulation et ce que chacun autorise réellement sont détaillés dans notre article de référence : les 5 documents obligatoires d'un chantier ferroviaire. C'est la lecture à faire circuler auprès de vos sous-traitants avant le démarrage.

La conséquence concrète Cela signifie qu'il faut au moins un encadrant formé par entreprise présente sur l'emprise, pas un seul pour l'ensemble du chantier. Un sous-traitant qui n'envoie que des opérateurs dépend entièrement de votre encadrement pour engager la zone — et si votre encadrant s'absente, son équipe est à l'arrêt. C'est le calcul à faire maintenant, en recensant les entreprises et pas seulement les personnes.
Budget

Ce que ça coûte, et ce que vous ne payez pas forcément

Deux points à connaître avant de construire votre budget.

D'abord, la formation est un investissement finançable. Réseau AMYNCO est certifié Qualiopi au titre des actions de formation, ce qui conditionne l'éligibilité aux financements mutualisés : selon votre branche et votre effectif, votre OPCO peut prendre en charge tout ou partie du coût. La démarche se lance en amont, pas après la facture.

Ensuite, le coût réel d'une non-conformité n'a rien à voir avec celui d'une formation. Un refus d'accès à l'emprise, c'est une équipe complète immobilisée, un planning à refaire, et parfois des pénalités de retard prévues au marché — sans compter ce que ça produit dans la relation avec le donneur d'ordre. Nos tarifs 2026 sont publics ; la comparaison est vite faite.

Dites-nous votre date de démarrage, on part de là

Nombre de personnes, niveaux souhaités, date d'intervention : nous vous revenons avec les créneaux réellement disponibles, le format le plus rapide pour votre situation et un devis chiffré.

Questions fréquentes

Qui délivre l'autorisation d'accès aux emprises ?

L'employeur, et lui seul. L'organisme de formation délivre une attestation ; c'est ensuite l'entreprise qui établit l'A.A.E de chaque agent, au vu de sa formation, de son aptitude médicale et des habilitations requises.

Combien de temps dure la formation SECUFER ?

De 4 à 7 heures en e-learning selon le niveau visé, et 7 heures en présentiel — que ce soit en inter dans nos centres ou en intra sur votre site. Le présentiel ajoute des études de cas pratiques à la partie théorique.

Combien de temps faut-il pour former une équipe avant un démarrage ?

Le e-learning démarre sans attendre une date de session, la plateforme étant accessible en continu. Le présentiel dépend du calendrier ; pour un groupe, l'intra se cale généralement plus vite. Le point de vigilance reste l'aptitude médicale, qui dépend de votre service de santé au travail.

Faut-il former aussi l'encadrement ?

Oui, et c'est l'oubli le plus fréquent. Sans encadrant formé, personne ne peut vérifier les documents ni engager la zone : l'équipe reste à l'entrée du chantier.

Mes sous-traitants doivent-ils être formés aussi ?

Oui, et c'est le titulaire du marché qui répond de toute sa chaîne d'intervention. Chaque employeur forme ses agents et établit leurs A.A.E ; votre rôle est de vérifier avant le démarrage que les attestations existent, sont nominatives et encore valides. Prévoyez-le en clause de contrat de sous-traitance.

Faut-il un encadrant formé par entreprise, ou un seul pour le chantier ?

Un par entreprise présente sur l'emprise. Un sous-traitant qui n'envoie que des opérateurs dépend entièrement de votre encadrement pour engager la zone : si votre encadrant s'absente, son équipe est à l'arrêt.

La formation peut-elle être financée par un OPCO ?

Oui, sous réserve des conditions de votre opérateur de compétences. Notre certification Qualiopi au titre des actions de formation est la condition d'éligibilité aux financements publics et mutualisés.

À lire ensuite

Note — Cet article a une vocation informative et ne se substitue ni aux référentiels de sécurité en vigueur ni aux clauses de votre marché, qui déterminent les compétences exigées sur un chantier donné. Textes publics de référence : décret n° 2017-694, articles R.4511-1 et suivants et R.4141-1 et suivants du Code du travail. Réseau AMYNCO — SIRET 988 065 173 00011, déclaration d'activité n° 30620465660 ; cet enregistrement ne vaut pas agrément de l'État. Certification Qualiopi n° 2025-269-03, délivrée au titre des actions de formation.

HR
Henri Rinaldo
Président de Réseau Amynco

Formateur en hygiène et sécurité au travail, Henri Rinaldo dirige Réseau Amynco, organisme de formation certifié Qualiopi. Il conçoit et anime des formations à la prévention des risques professionnels (AIPR, autorisations de conduite d'engins, SECUFER…). Sur ce blog, il partage les obligations réglementaires et les bonnes pratiques pour intervenir en sécurité sur les emprises ferroviaires.