Voie ferrée sous forte chaleur : rails brillants, talus d'herbes sèches et agents en gilets orange s'hydratant

SECUFER · Sécurité ferroviaire — Dossier réglementaire

Travailler sur l'emprise ferroviaire pendant la canicule

Obligations de l'employeur, précautions terrain et cadre réglementaire pour les intervenants et les sous-traitants.

Publié le 23 juillet 2026 Lecture ≈ 13 min Contenu validé par un référent ex-SNCF Prévention des risques

Sur une emprise ferroviaire, la forte chaleur n'est pas un simple inconfort d'été : elle empile trois risques distincts sur la même zone de travail. Un risque pour la santé des intervenants exposés en plein soleil, sans ombre et souvent en tenue de sécurité. Un risque d'incendie, parce que les talus secs s'enflamment à la moindre étincelle ou au moindre mégot. Et un risque lié à la voie elle-même, dont la géométrie se déforme quand l'acier surchauffe. Depuis le 1er juillet 2025, la chaleur intense est de surcroît encadrée par une obligation formelle inscrite dans le Code du travail. Faisons le point, texte par texte.

Le déclencheur

Tout part de la vigilance Météo-France

Depuis le décret du 27 mai 2025, l'« épisode de chaleur intense » est défini par référence au dispositif de vigilance canicule de Météo-France. C'est l'atteinte d'un seuil — jaune, orange ou rouge — qui déclenche les obligations de l'employeur.

Vigilance jaune

Pic de chaleur

Une à deux journées de chaleur intense présentant un risque pour la santé, notamment en raison de l'activité physique ou des conditions de travail.

Vigilance orange

Canicule

Chaleur intense et durable, susceptible de constituer un risque sanitaire pour l'ensemble de la population exposée. Déclenche aussi le chômage-intempéries pour le BTP.

Vigilance rouge

Canicule extrême

Canicule exceptionnelle par sa durée, son intensité et son ampleur, à fort impact sanitaire. Adaptation forte, voire suspension, des activités les plus exposées.

01 Le contexte

Pourquoi l'emprise ferroviaire est un cas particulier

La plupart des recommandations « canicule » sont pensées pour des bureaux ou des chantiers classiques. L'emprise ferroviaire cumule des facteurs aggravants qu'il faut nommer clairement.

D'abord, l'exposition : les intervenants travaillent en extérieur, sur ballast et abords minéraux qui restituent la chaleur, rarement à l'ombre, et en tenue de sécurité (gilet haute visibilité, chaussures montantes, parfois vêtements longs) qui limite l'évaporation de la sueur. Le corps se refroidit moins bien qu'il n'en a l'air.

Ensuite, le combustible : les talus, les accotements et les zones non entretenues se couvrent d'herbes sèches. En période de sécheresse, ce sont des amorces d'incendie — les cheminots parlent de feux de talus. Une meuleuse, une soudure aluminothermique ou un mégot suffisent à déclencher un départ de feu qui coupe les circulations et détruit l'infrastructure.

Enfin, la voie elle-même : au-delà d'environ 45 °C au niveau du rail — un seuil atteignable dès que l'air dépasse 35 °C — l'acier se dilate et la voie peut subir une déformation latérale de quelques centimètres, la « flambée ». L'environnement de travail devient, littéralement, moins stable.

02 Côté employeur

Le nouveau cadre « chaleur intense »

C'est la nouveauté majeure de ces dernières années, et elle change la donne pour tout donneur d'ordre comme pour tout sous-traitant employant du personnel. Le décret n° 2025-482 du 27 mai 2025, applicable depuis le 1er juillet 2025, a introduit dans le Code du travail un chapitre entièrement dédié à la prévention des risques liés aux épisodes de chaleur intense. Pour la première fois, l'obligation de protéger les salariés contre la chaleur y est formalisée.

Concrètement, l'employeur doit évaluer le risque de chaleur, en intérieur comme en extérieur, et l'intégrer au document unique d'évaluation des risques professionnels (DUERP), mis à jour avant et pendant la saison estivale. Lorsqu'un seuil de vigilance est atteint, il doit mettre en œuvre des mesures adaptées : privilégier des procédés ou une organisation limitant l'exposition, aménager les horaires pour décaler les tâches les plus dures aux heures fraîches, prévoir des périodes de repos, réduire le rayonnement solaire (ombrage, abris), fournir des équipements adaptés et augmenter la quantité d'eau potable fraîche mise à disposition.

Cette dernière obligation n'est d'ailleurs pas nouvelle : le Code du travail impose déjà de mettre de l'eau potable et fraîche à disposition pour la boisson. Le décret de 2025 la renforce dans le contexte caniculaire. En cas d'inaction, l'inspection du travail peut intervenir.

Ce que disent les textes

Prévention de la chaleur intense — évaluation du risque, DUERP, mesures organisationnelles et techniques, eau fraîche.

Décret n° 2025-482 du 27 mai 2025 C. trav. art. R. 4463-1 et s. Arrêté du 27 mai 2025 (seuils) C. trav. art. L. 4121-3 & R. 4121-1 (DUERP) C. trav. art. R. 4225-2 à R. 4225-4 (eau) C. trav. art. L. 4121-1 et L. 4121-2 (obligation de sécurité)

Le cas du BTP : chômage-intempéries

Pour les entreprises du bâtiment et des travaux publics — dont relèvent de nombreux chantiers d'infrastructure ferroviaire — un dispositif complémentaire existe. Le décret n° 2024-630 du 28 juin 2024, précisé par l'arrêté du 27 mai 2025, a intégré les périodes de canicule (vigilance orange ou rouge) aux « conditions atmosphériques » ouvrant droit au chômage-intempéries. Lorsque la poursuite du travail devient dangereuse, l'arrêt peut donc être indemnisé à ce titre.

Décret n° 2024-630 du 28 juin 2024 C. trav. art. L. 5424-8 C. trav. art. D. 5424-7-1

Ce que l'employeur risque

Ces obligations ne sont pas théoriques. En cas d'accident lié à la chaleur, le manquement à l'obligation de sécurité peut être qualifié de faute inexcusable, ce qui majore les indemnités dues à la victime. Au pénal, l'employeur — et le dirigeant — s'exposent en cas de blessures ou de décès d'un salarié, y compris sans intention, dès lors qu'une imprudence ou un manquement à une obligation de sécurité est établi.

Responsabilité en cas d'accident

Blessures ou homicide involontaires, mise en danger d'autrui par violation manifestement délibérée d'une obligation de sécurité : des poursuites pénales sont possibles, en plus de la reconnaissance de la faute inexcusable au titre de la Sécurité sociale.

C. pénal art. 221-6 & 222-19 (blessures / homicide involontaires) C. pénal art. 223-1 (mise en danger d'autrui) CSS art. L. 452-1 (faute inexcusable)

03 Sur le terrain

Protéger concrètement les intervenants

Le cadre légal ne vaut que s'il se traduit en gestes simples et partagés au sein de l'équipe. Voici les fondamentaux à faire connaître à chaque intervenant.

S'hydrater avant d'avoir soif. La soif est déjà un signe de déshydratation. On boit régulièrement, par petites quantités, tout au long du poste — de l'eau, pas d'alcool ni d'excès de café, qui aggravent la déshydratation. L'accès à l'eau fraîche doit être garanti au plus près de la zone de travail.

Décaler et fractionner. On planifie les efforts les plus intenses en début de matinée, on multiplie les pauses à l'ombre ou au frais, et on adapte le rythme : la tenue de sécurité (gilet, vêtements de travail) freine l'évaporation, donc la fatigue thermique s'installe plus vite qu'on ne le croit.

Se surveiller en binôme. Le coup de chaleur ne prévient pas toujours celui qui en est victime. Travailler à vue les uns des autres permet de repérer les premiers signes chez un collègue.

Reconnaître le coup de chaleur

Maux de tête, vertiges, nausées, crampes, fatigue soudaine, confusion ou propos incohérents. Signal d'alarme : la peau devient chaude, rouge et sèche — la personne ne transpire plus. Le coup de chaleur est une urgence vitale.

Que faire : mettre immédiatement à l'ombre et au frais, allonger, rafraîchir (eau, linge humide, ventilation), faire boire si la personne est consciente, alerter les secours (15 ou 112) et ne jamais laisser seul.

Un point trop souvent oublié : la chaleur augmente le risque d'erreur. Baisse de vigilance, temps de réaction allongé, fatigue — autant de facteurs particulièrement dangereux à proximité des circulations. La prévention canicule est aussi une prévention du risque ferroviaire.

Enfin, chaque intervenant dispose d'un droit d'alerte et de retrait. Face à une situation de travail présentant un danger grave et imminent pour sa vie ou sa santé — ce que peut constituer une chaleur extrême —, il peut se retirer après avoir alerté, sans sanction ni retenue de salaire. L'encadrement doit connaître ce droit et savoir le gérer sans le laisser dégénérer en conflit.

C. trav. art. L. 4131-1 à L. 4131-4 (droit de retrait)

04 Le risque incendie

Engins, points chauds et cigarette

C'est ici que le cadre réglementaire est le plus dense — et le plus méconnu. Sur une emprise ferroviaire bordée de végétation sèche, tout ce qui produit une flamme, une étincelle ou une braise devient un risque de départ de feu. La responsabilité, elle, est bien réelle.

La cigarette et les mégots

Depuis la loi du 10 juillet 2023, le Code forestier interdit expressément de fumer dans les bois et forêts et jusqu'à 200 mètres de ceux-ci pendant la période à risque définie par arrêté préfectoral. Plus largement, il est interdit à toute personne autre que le propriétaire de porter ou d'allumer du feu à moins de 200 mètres des bois et forêts. Beaucoup d'emprises ferroviaires longent précisément ces zones.

Sanctions — à connaître avant d'allumer

Fumer ou faire du feu en zone interdite : contravention de 4e classe (jusqu'à 750 €, amende forfaitaire de 135 €).

Provoquer un incendie, même involontairement — un mégot abandonné suffit : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 30 000 € d'amende, peines aggravées selon les circonstances et les dommages.

C. forestier art. L131-1-1 (interdiction de fumer) C. forestier art. L131-1 (feu à < 200 m) C. forestier art. R163-2 (contravention) C. forestier art. L163-4 (incendie involontaire)

Les engins et le matériel

En cas de risque exceptionnel d'incendie, le préfet peut prendre un arrêté — applicable dès sa publication — restreignant l'accès, la circulation et l'emploi du feu dans les massifs, et pouvant aller jusqu'à interdire l'apport de tout matériel susceptible de provoquer un départ de feu. Ces arrêtés « emploi du feu » sont départementaux et saisonniers : ce qui est autorisé en avril peut être interdit en juillet, au même endroit. Avant toute intervention estivale, on vérifie l'arrêté préfectoral en vigueur.

À noter, côté gestionnaire : le Code forestier impose aux gestionnaires d'infrastructures ferroviaires de débroussailler et de maintenir en état débroussaillé une bande longitudinale le long des voies (largeur fixée par l'administration, dans la limite de 20 mètres du bord extérieur de la voie) lorsque des terrains boisés se trouvent à proximité. En cas de risque élevé, le préfet peut étendre cette obligation jusqu'à 200 mètres.

C. forestier art. L131-6 (risque exceptionnel) C. forestier art. L131-16 & L134-12 (débroussaillement) Loi n° 2023-580 du 10 juillet 2023

Les travaux par points chauds

Soudure aluminothermique, meulage, oxycoupage, tronçonnage : ces opérations génèrent étincelles et fortes températures. Elles sont, selon l'INRS, à l'origine d'environ 30 % des incendies en entreprise. Sur une emprise ferroviaire sèche, la vigilance doit être maximale.

La bonne pratique — attendue par les assureurs et adossée à l'obligation générale de sécurité — est le permis de feu : un document rempli avant chaque intervention, qui identifie les risques, définit les moyens d'extinction à proximité, désigne une surveillance et impose une ronde de vérification environ deux heures après la fin des travaux, avant clôture du permis. Un feu couvant peut se déclarer bien après l'arrêt de l'outil.

Ce que disent les textes

Travaux dangereux et permis de feu — mesures de prévention de l'incendie, coordination avec les entreprises extérieures via le plan de prévention.

C. trav. art. R. 4227-28 (prévention incendie) C. trav. art. L. 4121-1 (sécurité) C. trav. art. R. 4512-6 et s. (plan de prévention) INRS ED 6030 (permis de feu)
L'outil de planification

La Météo des forêts de Météo-France publie chaque jour une carte du niveau de danger de feu, département par département. À intégrer au briefing du matin pour décider, reporter ou renforcer la surveillance des travaux par points chauds.

05 Spécificité ferroviaire

Quand l'infrastructure devient un danger

C'est le risque le plus propre au ferroviaire, et il concerne directement toute personne présente sur l'emprise ferroviaire. Constitué à 95 % d'acier, le rail se dilate sous l'effet de la chaleur. Exposé en plein soleil, il surchauffe bien au-delà de la température de l'air : lorsqu'il fait 35 °C, le rail peut dépasser 50 °C. Au-delà d'environ 45 °C au niveau du rail, le risque de déformation latérale de la voie — la « flambée » — augmente.

Face à ce phénomène, SNCF Réseau active chaque été un plan canicule : surveillance renforcée déclenchée à partir d'un seuil de température du rail (de l'ordre de 50 °C), tournées de chaleur pour inspecter les infrastructures, débroussaillement des abords, et — lorsque c'est nécessaire — des limitations temporaires de vitesse (LTV) pour réduire les efforts sur la voie et sécuriser les circulations. La caténaire, elle aussi, se dilate et se détend, avec un risque d'arrachement.

Pour l'intervenant, la conséquence est double. La géométrie de la voie peut avoir bougé, ce qui impose de respecter scrupuleusement les consignes et les référentiels du gestionnaire d'infrastructure. Et les circulations peuvent être modifiées (ralentissements, adaptations) : on ne présume jamais de l'horaire ou de la vitesse d'un train à partir de la situation « normale ».

À noter, par honnêteté : sur ce volet « voie et circulation », il n'existe pas de texte réglementaire national spécifique à la canicule. La surveillance renforcée et les limitations de vitesse relèvent des référentiels d'exploitation du gestionnaire d'infrastructure — à respecter comme des règles de sécurité à part entière, mais qui ne sont pas des textes publics opposables au même titre qu'un décret.

Le risque électrique, amplifié par la chaleur

La caténaire, elle, reste sous tension en permanence — 25 000 volts ou 1 500 volts selon les lignes. La chaleur n'y change rien, mais elle la détend et peut en modifier la géométrie : un câble affaissé se rapproche des intervenants et des engins. Surtout, ce sont les conditions d'intervention qui se dégradent — transpiration (le corps devient un meilleur conducteur), fatigue, baisse d'attention, EPI plus difficiles à supporter. Le risque d'erreur d'appréciation des distances augmente au moment précis où la vigilance devrait être maximale.

Les fondamentaux, eux, restent intangibles : respecter les distances de sécurité, ne jamais présumer qu'une installation est hors tension, et garder en tête le phénomène d'amorçage — l'arc électrique peut se produire à distance, sans contact. En cas de doute, on ne s'approche pas : on fait consigner l'installation ou on demande la coupure d'urgence. C'est précisément l'objet des habilitations au risque électrique ferroviaire.

06 Urgence

Conduite à tenir en cas d'incident

En canicule, deux urgences peuvent se cumuler : le malaise d'un intervenant et l'incident sur l'infrastructure — départ de feu, câble tombé à terre, obstacle engageant la voie. Dans les deux cas, la même règle prime : se protéger d'abord, ne jamais intervenir seul ni sans autorisation sur une installation dangereuse, sécuriser la zone si c'est possible sans risque, puis alerter les personnes compétentes.

Malaise ou coup de chaleur

Appliquer la séquence protéger – alerter – secourir. Mettre la personne à l'ombre et au frais, l'allonger, la rafraîchir (eau, linge humide, ventilation) et la faire boire si elle est consciente, sans jamais la laisser seule. Devant une peau chaude, rouge et sèche, ou des troubles de la conscience, c'est une urgence vitale : on alerte immédiatement le 15 ou le 112.

Incident sur l'infrastructure

Câble de caténaire tombé à terre, feu de talus, obstacle sur la voie : on établit un périmètre de sécurité et on interdit toute approche — un conducteur au sol peut électriser le sol autour de lui, même sans contact direct. On ne touche jamais un câble tombé, même s'il paraît inerte. On demande la coupure d'urgence de l'alimentation, on alerte les secours (18 ou 112) et l'on prévient sans délai pour faire protéger la voie et, si nécessaire, arrêter les circulations.

La qualité de l'alerte fait la différence

En milieu ferroviaire, l'accès des secours doit être guidé au mètre près. Transmettez la localisation exacte (ligne, voie, point kilométrique, gare ou passage à niveau le plus proche, point de rendez-vous et repère visible), la nature de l'incident, le nombre de victimes et les moyens déjà présents. Une information claire et rapide réduit les délais et évite l'aggravation.

07 Synthèse

La check-list du sous-traitant

À dérouler avant et pendant toute intervention estivale sur l'emprise ferroviaire. Elle sécurise vos équipes — et votre responsabilité.

DUERP à jour : le risque « chaleur intense » est évalué et intégré, avec des mesures concrètes prévues par niveau de vigilance.

Plan de prévention : avec le donneur d'ordre, la chaleur et le risque incendie sont traités lors de l'inspection commune préalable.

Vigilance du jour : niveau Météo-France et Météo des forêts consultés au briefing.

Arrêté préfectoral : l'arrêté « emploi du feu » du département est vérifié (interdictions cigarette / feu / matériel).

Eau garantie : eau potable fraîche disponible au plus près, en quantité suffisante.

Horaires adaptés : tâches lourdes décalées aux heures fraîches, pauses planifiées à l'ombre.

Permis de feu : établi pour tout travail par points chauds, avec moyens d'extinction, surveillance et ronde à + 2 h.

Consigne mégots : interdiction claire de fumer sur l'emprise ferroviaire en période à risque, cendriers dédiés hors zone sensible.

Équipe formée : chacun sait reconnaître un coup de chaleur et connaît la conduite à tenir.

Référentiels voie : consignes du gestionnaire d'infrastructure et éventuelles LTV prises en compte.

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Avertissement
Cet article présente une synthèse pédagogique du cadre réglementaire à jour. Il ne se substitue pas aux textes officiels, aux arrêtés préfectoraux applicables localement, ni aux référentiels et consignes du gestionnaire d'infrastructure, qui priment. En cas de doute sur une situation précise, consultez votre service prévention et les autorités compétentes.
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